Une voix dans la nuit
de YASUSHI Inoué (traduction de Catherine Ancelot)

Ce roman commence dans un environnement qui semble serein et tranquille : un ancien enseignant et haut fonctionnaire retraité vit dans sa maison de campagne et entretient sa passion de toujours pour un recueil mythique de poésie japonais du 7e siècle, le Manyô-shû.
Sa vie tranquille bascule quand lors d’une visite à des proches à Tokyo, il est victime d’un accident de la route. Légèrement blessé, il en ressort cependant mentalement dérangé, on pourrait dire un peu “illuminé”… Désormais, il voit dans la modernité comme un démon nous ayant pervertis et éloignés de nos forces vitales, que sont la nature, la simplicité, l’amour et la vie.
En convalescence chez son fils vivant à Tokyo, il s’enfuit avec sa petite fille, qui est selon lui encore “pure.” Il part sans savoir où il va, mais il souhaite en tout cas s’extraire du monde des démons et d’abord de la ville. Il trouve une jeune fille désoeuvrée dans le parc Ueno qu’il sent aussi sensible “aux démons” et souhaitant aussi une autre vie. Elle sera de l’aventure. Elle leur trouve un chauffeur de taxi souhaitant aussi partir pour un long voyage sans fin.
C’est ensuite le début d’un récit de route, comme il existe des “road-movies”. Ils vont de villages en villages cherchant les espaces “non-contaminés” par les “démons”, à l’écoute seulement de leur flair, et surtout de celui de la petite qu’ils finissent presque par prendre pour leur déesse. Le flair du vieil homme est conduit par les sites mentionnés dans son recueil de poésie, dont des extraits ponctuent le voyage.
Un questionnement sur le sens profond de la vie.