Tuesday | February 21, 2006

Mille ans de littérature japonaise

Anthologie du VIIIe au XVIIIe siècle par Ryôji NAKAMURA et René de CECCATTI

Cet ouvrage nous permet d'appréhender la littérature japonaise allant du moyen-âge jusqu'au 18e siècle à travers ses récits, ses contes, ses nouvelles, sa philosophie et sa poésie. On découvre dans les oeuvres du 8e siècle que les dialogues sont des poêmes et que le personnage principal est écrit à la 3e personne dans la narration. Avec en plus la différence de référents culturels, beaucoup d'interactions nous restent incompréhensibles. Comme une sorte de science-fiction culturelle !

Ce qui m'a le plus intéressé est le texte "Renga : en ville..." écrit par Bashô, Bonshô et Ryokai, trois maîtres haïku et publié en 1691. Le renga est au Japon une forme de poésie comparable au cadavre exquis en Occident en cela qu'il est collaboratif. Les trois auteurs du renga écrivent alternativement un haiku d'un seul vers. Les haikus sont habituellement des poèmes en 3 vers, très évocateur et très bref. Dans les rengas, ils sont une succession d'images qui misent bout à bout constitue plusieurs mouvements de l'âme, alliant le quotidien au métaphysique, pour former une "histoire poétique".

Voici un extrait :

Comme elle cherchait des bourgeons de fuki, sa lanterne s'est éteinte ! (Bashô)
Quand j'ai décidé de quitter le monde, les fleurs se sont fanées.
(Kyorai)
L'hiver est rude, dans un village de pêcheur à Noto
(Bonchô)

et encore :

Sans porte ni fenêtre, une maison couverte de nattes, à vendre. (Bashô)
Quand donc le piment a-t-il rougi ?
(Kyorai)
Modestement, il tresse des sandales de paille : la lune pointe
(Bonshô)

Posted by kastor at 23:00:15 | Permanent Link | Comments (2) |