Le Japon moderne et l'éthique samouraï
de MISHIMA Yukio (traduction Emile Jean)

J'ai lu ce livre pour accéder à ce monde extrêmement lointain pour nous qu'est celui des samouraïs. Dans cet essai, Mishima reprend les écrits de YAMAMOTO Jocho dans l'"Hagakuré", ouvrage du 18e siècle considéré comme un guide de vie pour les samouraïs, et les remets "au goût du jour", en quelque sorte les actualise. Par ce biais, il fait une critique du Japon moderne et présente une vision un peu réactionnaire mais donnant accès à une ancienne morale japonaise, empreinte de nihilisme. Elle nous permet ainsi de nous imaginer la philosophie samouraï.
Voici quelques aspects philosophiques de l'Hagakuré relayés par Mishima.
Chaque jour peut être le dernier.
Il faut donc considérer chaque événement dans cette perspective afin de pouvoir en évaluer son importance réelle.
La spontanéïté dans l'action et l'audace dans la décision.
Lorsque nous sommes dans l'action, il faut faire preuve de spontanéïté. Lorsque nous sommes dans la réflexion et la prise de décision, il faut faire preuve d'audace. C'est selon eux la seule manière de faire que nos convictions se retrouvent en cohérence avec notre vie, car c'est dans l'audace et la spontanéïté que s'affirme la personnalité profonde.
La vie entière du samouraï est une suite continue de résolutions prises. Lorsqu'il a compris cela, il n'a plus rien à éprouver aucune impatience, il n'a plus rien à attendre qui dépasse chaque moment. Il n'a qu'à rester concentré sur sa résolution. [...] le but du plaisir est l'ataraxie, le calme diviin auquel accède celui qui a renoncé à tout désir. Il écarte la peur de la mort, qui risquerait de compromettre le plaisir ainsi conçu; tant que nous vivons, la mort ne nous concerne pas; lorsque nous sommes morts, nous n'existons pas; il n'existe donc aucune raison de redouter la mort.
On parle beaucoup de la mort dans cet ouvrage. Elle est abordée sans peur et nous explique que la mort n'a historiquement pas la même connotation au Japon que chez nous. Alors que chez nous, la mort a toujours été présentée comme quelque chose de morbide et d'effrayant, elle était chez eux perçue comme quelque chose de salvateur.
Les paroles et l'acte modifient l'esprit.
Alors que l'on pense souvent que l'esprit doive modifier les paroles et les actes, ces auteurs se placent en porte-à-faux à cette idée. Ils avancent que c'est plutôt par les paroles et l'acte que l'on modifient son esprit, que ce que l'on se donne à vivre et l'on dit, aurait un effet performatif et influencerait notre esprit.




















