Saturday | April 29, 2006

Une existence tranquille

de OE Kenzaburô (traduction de Anne Bayard-Sakai)

 


 

Ce roman nous décrit la vie intérieure d'une jeune femme japonaise qui s'appelle Mâ. Ses parents étant partis vivre aux Etats-Unis (son père est invité comme écrivain en résidence dans une université américaine), elle doit désormais prendre soin de son frère handicapé Eoyore, tout en devant finir ses études universitaires en littérature française. Sa mère a décidé de suivre son père aux Etats-Unis et laisser à sa fille la lourde tâche d'accompagner son frère au quotidien car son mari était en train de traverser une période difficile psychologiquement.

Nous suivons les pensées intérieures de Mâ qui traverse cette période un peu difficilement. Heureusement, son frère cadet l'aidera et prendra le relais afin qu'elle puisse mener à bien ses études. Avec lui, elle a des discussions profondes, par exemple sur le sens qu'à pris pour eux le film "Stalker" de Tarkovsky :

" La fin du monde viendra. Mais pas tout de suite. Ce ne sera peut-être pas de notre vivant. Elle se rapproche à une vitesse indécise. Et nous, nous sommes condamnés à attendre en vivant de manière tout aussi indécise. Mais s'il en va ainsi, il est évident aussi que doit naître le désir d'embrasser d'un coup d'oeil cette fin du monde à l'approche si indécise, non ? Ca pourrait, en tout cas, être la fonction du travail des artistes, tu ne crois pas? "

Ce roman amène une réflexion sur ce qui vaut la peine d'être vécu :

"[...] K. n'a-t-il pas gardé des cicatrices ou des habitudes de cette période où il a cru être quelqu'un de spécial? [...] moi aussi je désirais mener à l'avenir avec Eoyore une existence tranquille comme une personne de rien du tout."

Le jeune homme handicapé loin d'être considéré par sa famille comme un fardeau, est plutôt perçu comme un être parfois bien plus lucide que les autres, qui permet de prendre du recul avec sa perception quelque peu lointaine de ce qui l'entoure et qui permet toujours à tous ceux qui l'entoure d'être un peu plus humain et leur rappeler l'essentiel de l'existence : aimer ses proches et profiter de la vie.

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Tuesday | April 11, 2006

Je veux devenir moine zen !

de MIURA Kiyohiro (traduction de Elisabeth Suetsugu) 

 


Tout jeune, un jeune garçon veut devenir moine zen. Il pratique déjà le zazen avec son père et s'y applique comme un adulte. Cette volonté sera plus tard accomplie. Au début de son adolescences, alors qu'il devient plus turbulent, son père lui rappelle sa volonté d'antan et le pousse quelque peu dans cette direction. Il sera aussi encouragé par l'abbesse du temple où il pratique le zazen, qui a besoin d'un successeur pour prendre soin du temple. Il s'engage dans cette direction qui semble très bien lui convenir car il progresse bien. C'est cependant pour ses parents que c'est le plus dur car ils doivent faire adopter leur fils par l'abbesse pour qu'il suive sa formation zen. Ce n'est donc plus leur fils et la rigueur de cet engagement les amènera à de lourds questionnement.

 

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L'appel du pied

 de WATAYA Risa (traduction de Patrick Honnoré)

 

C'est l'histoire d'une adolescente pour qui se joue la période des alliances et des rejets propre à l'adolescence, du passage du collège au lycée. Elle grandit mais ne veut pas s'intégrer à la nouvelle bande d'amis de son ancienne amie du collège. Elle ne veut pas la perdre mais elle ne veut pas faire partie de cette bande, pour qui l'important est de se retrouver entre garçons et filles, de dragouiller, de faire bande. Elle préfère rester seule et c'est comme ça qu'elle rencontre un garçon, largué par tous comme elle. Elle a honte de se retrouver seule et d'être vue avec lui. Cet ami est plus asocial et s'est réfugié dans un amour idolâtre pour une mannequin-chanteuse.

L'héroïne découvre des sentiments complexes d'amour sadique, qui l'attire vers son nouvel ami, mais qui lui donne envie de lui faire mal, tout à la fois... 

 

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Saturday | April 01, 2006

Une voix dans la nuit

de YASUSHI Inoué (traduction de Catherine Ancelot)


Ce roman commence dans un environnement qui semble serein et tranquille : un ancien enseignant et haut fonctionnaire retraité vit dans sa maison de campagne et entretient sa passion de toujours pour un recueil mythique de poésie japonais du 7e siècle, le Manyô-shû.

Sa vie tranquille bascule quand lors d'une visite à des proches à Tokyo, il est victime d'un accident de la route. Légèrement blessé, il en ressort cependant mentalement dérangé, on pourrait dire un peu "illuminé"... Désormais, il voit dans la modernité comme un démon nous ayant pervertis et éloignés de nos forces vitales, que sont la nature, la simplicité, l'amour et la vie.

En convalescence chez son fils vivant à Tokyo, il s'enfuit avec sa petite fille, qui est selon lui encore "pure." Il part sans savoir où il va, mais il souhaite en tout cas s'extraire du monde des démons et d'abord de la ville. Il trouve une jeune fille désoeuvrée dans le parc Ueno qu'il sent aussi sensible "aux démons" et souhaitant aussi une autre vie. Elle sera de l'aventure. Elle leur trouve un chauffeur de taxi souhaitant aussi partir pour un long voyage sans fin.

C'est ensuite le début d'un récit de route, comme il existe des "road-movies". Ils vont de villages en villages cherchant les espaces "non-contaminés" par les "démons", à l'écoute seulement de leur flair, et surtout de celui de la petite qu'ils finissent presque par prendre pour leur déesse. Le flair du vieil homme est conduit par les sites mentionnés dans son recueil de poésie, dont des extraits ponctuent le voyage.

Un questionnement sur le sens profond de la vie.

 

 

Posted by kastor at 10:56:28 | Permanent Link | Comments (0) |