Wednesday, June 14, 2006

Tokyo électrique

ouvrage collectif (traduit par Corinne Quentin)

 

Ce recueil de nouvelles d’auteurs contemporains comprend au moins une pépite, la nouvelle “La tente jaune sur le toit” de Shiina Makoto. C’est une histoire pathétique mais qui nous emporte dans le monde exhalté du personnage, qui devenu sans abri suite à une dégradation de son appartement, en vient à vivre sur le toit de son entreprise dans une “tente jaune”. De cette manière, il découvre la beauté de Tokyo, duquel il découvre les couchés de soleil. Une contemplation empreinte de spiritualité japonaise et des images d’une grande beauté esthétique.

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Saturday, April 29, 2006

Une existence tranquille

de OE Kenzaburô (traduction de Anne Bayard-Sakai)

 

 

Ce roman nous décrit la vie intérieure d’une jeune femme japonaise qui s’appelle Mâ. Ses parents étant partis vivre aux Etats-Unis (son père est invité comme écrivain en résidence dans une université américaine), elle doit désormais prendre soin de son frère handicapé Eoyore, tout en devant finir ses études universitaires en littérature française. Sa mère a décidé de suivre son père aux Etats-Unis et laisser à sa fille la lourde tâche d’accompagner son frère au quotidien car son mari était en train de traverser une période difficile psychologiquement.

Nous suivons les pensées intérieures de Mâ qui traverse cette période un peu difficilement. Heureusement, son frère cadet l’aidera et prendra le relais afin qu’elle puisse mener à bien ses études. Avec lui, elle a des discussions profondes, par exemple sur le sens qu’à pris pour eux le film “Stalker” de Tarkovsky :

” La fin du monde viendra. Mais pas tout de suite. Ce ne sera peut-être pas de notre vivant. Elle se rapproche à une vitesse indécise. Et nous, nous sommes condamnés à attendre en vivant de manière tout aussi indécise. Mais s’il en va ainsi, il est évident aussi que doit naître le désir d’embrasser d’un coup d’oeil cette fin du monde à l’approche si indécise, non ? Ca pourrait, en tout cas, être la fonction du travail des artistes, tu ne crois pas? “

Ce roman amène une réflexion sur ce qui vaut la peine d’être vécu :

“[...] K. n’a-t-il pas gardé des cicatrices ou des habitudes de cette période où il a cru être quelqu’un de spécial? [...] moi aussi je désirais mener à l’avenir avec Eoyore une existence tranquille comme une personne de rien du tout.”

Le jeune homme handicapé loin d’être considéré par sa famille comme un fardeau, est plutôt perçu comme un être parfois bien plus lucide que les autres, qui permet de prendre du recul avec sa perception quelque peu lointaine de ce qui l’entoure et qui permet toujours à tous ceux qui l’entoure d’être un peu plus humain et leur rappeler l’essentiel de l’existence : aimer ses proches et profiter de la vie.

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Tuesday, April 11, 2006

Je veux devenir moine zen !

de MIURA Kiyohiro (traduction de Elisabeth Suetsugu) 

 

Tout jeune, un jeune garçon veut devenir moine zen. Il pratique déjà le zazen avec son père et s’y applique comme un adulte. Cette volonté sera plus tard accomplie. Au début de son adolescences, alors qu’il devient plus turbulent, son père lui rappelle sa volonté d’antan et le pousse quelque peu dans cette direction. Il sera aussi encouragé par l’abbesse du temple où il pratique le zazen, qui a besoin d’un successeur pour prendre soin du temple. Il s’engage dans cette direction qui semble très bien lui convenir car il progresse bien. C’est cependant pour ses parents que c’est le plus dur car ils doivent faire adopter leur fils par l’abbesse pour qu’il suive sa formation zen. Ce n’est donc plus leur fils et la rigueur de cet engagement les amènera à de lourds questionnement.

 

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L’appel du pied

 de WATAYA Risa (traduction de Patrick Honnoré)

 

C’est l’histoire d’une adolescente pour qui se joue la période des alliances et des rejets propre à l’adolescence, du passage du collège au lycée. Elle grandit mais ne veut pas s’intégrer à la nouvelle bande d’amis de son ancienne amie du collège. Elle ne veut pas la perdre mais elle ne veut pas faire partie de cette bande, pour qui l’important est de se retrouver entre garçons et filles, de dragouiller, de faire bande. Elle préfère rester seule et c’est comme ça qu’elle rencontre un garçon, largué par tous comme elle. Elle a honte de se retrouver seule et d’être vue avec lui. Cet ami est plus asocial et s’est réfugié dans un amour idolâtre pour une mannequin-chanteuse.

L’héroïne découvre des sentiments complexes d’amour sadique, qui l’attire vers son nouvel ami, mais qui lui donne envie de lui faire mal, tout à la fois… 

 

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Saturday, April 1, 2006

Une voix dans la nuit

de YASUSHI Inoué (traduction de Catherine Ancelot)

Ce roman commence dans un environnement qui semble serein et tranquille : un ancien enseignant et haut fonctionnaire retraité vit dans sa maison de campagne et entretient sa passion de toujours pour un recueil mythique de poésie japonais du 7e siècle, le Manyô-shû.

Sa vie tranquille bascule quand lors d’une visite à des proches à Tokyo, il est victime d’un accident de la route. Légèrement blessé, il en ressort cependant mentalement dérangé, on pourrait dire un peu “illuminé”… Désormais, il voit dans la modernité comme un démon nous ayant pervertis et éloignés de nos forces vitales, que sont la nature, la simplicité, l’amour et la vie.

En convalescence chez son fils vivant à Tokyo, il s’enfuit avec sa petite fille, qui est selon lui encore “pure.” Il part sans savoir où il va, mais il souhaite en tout cas s’extraire du monde des démons et d’abord de la ville. Il trouve une jeune fille désoeuvrée dans le parc Ueno qu’il sent aussi sensible “aux démons” et souhaitant aussi une autre vie. Elle sera de l’aventure. Elle leur trouve un chauffeur de taxi souhaitant aussi partir pour un long voyage sans fin.

C’est ensuite le début d’un récit de route, comme il existe des “road-movies”. Ils vont de villages en villages cherchant les espaces “non-contaminés” par les “démons”, à l’écoute seulement de leur flair, et surtout de celui de la petite qu’ils finissent presque par prendre pour leur déesse. Le flair du vieil homme est conduit par les sites mentionnés dans son recueil de poésie, dont des extraits ponctuent le voyage.

Un questionnement sur le sens profond de la vie.

 

 

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Thursday, March 16, 2006

Mémoires d’une geisha

d’INOUE Yuki (traduit par Karine Chesneau)

 

 

Ces mémoires sont narrés par une femme ayant connu une vieille geisha célèbre (plusieurs livres existent sur cette geisha). Elle nous raconte l’histoire de ce destin de femme si particulier. Sans réelle histoire, cet ouvrage nous fait le récit de ces souvenirs, de son enfance jusqu’à la fin de sa vie, d’apprentie-geisha, puis geisha, à patronne de maison de geishas…

Il nous livre tous les codes de cette profession et son milieu clos (le “quartier réservé”), son esthétisme et son mode de vie. Il nous permet d’accéder à cette culture presque disparue, si étrangère à l’Occident.

A ne pas confondre avec le film de Spielberg, adaptation aussi mauvaise qu’hollywoodienne, faite à partir d’un autre livre plus romanesque de la même histoire…

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Sunday, March 5, 2006

Cent vues du mont Fuji

de DAZAI Osamu (traduit par Didier Chiche)

Ce recueil de récits presque autobiographiques met en lumière une vie d’écrivain tourmentée, d’homme alcoolique qui mène sa vie et sa carrière comme il peut, péniblement. Péniblement, car il est question de plusieurs tentatives de suicide, de cette sorte de double-suicides qui consiste à se suicider avec son amoureuse.

Ses états alcooliques nous amènent à voir la vie comme il la voit, soit bien tristement, soit illuminée… Il traverse divers milieux, celui des geishas, du monde des écrivains, de la mégapôle Tokyo, de la campagne japonaise,…

Le récit qui donne son titre au recueil nous amène à voir la fascination pour le mont Fuji, on pourrait même dire son aura… bref, ce qui fait que ce mont est mythique et que, quand on le voit, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est plus que magnifique mais magique, sans vraiment savoir pourquoi…

Cet auteur est aujourd’hui adulé au Japon et fait partie de son “panthéon littéraire”.

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Tuesday, February 21, 2006

Mille ans de littérature japonaise

Anthologie du VIIIe au XVIIIe siècle par Ryôji NAKAMURA et René de CECCATTI

Cet ouvrage nous permet d’appréhender la littérature japonaise allant du moyen-âge jusqu’au 18e siècle à travers ses récits, ses contes, ses nouvelles, sa philosophie et sa poésie. On découvre dans les oeuvres du 8e siècle que les dialogues sont des poêmes et que le personnage principal est écrit à la 3e personne dans la narration. Avec en plus la différence de référents culturels, beaucoup d’interactions nous restent incompréhensibles. Comme une sorte de science-fiction culturelle !

Ce qui m’a le plus intéressé est le texte “Renga : en ville…” écrit par Bashô, Bonshô et Ryokai, trois maîtres haïku et publié en 1691. Le renga est au Japon une forme de poésie comparable au cadavre exquis en Occident en cela qu’il est collaboratif. Les trois auteurs du renga écrivent alternativement un haiku d’un seul vers. Les haikus sont habituellement des poèmes en 3 vers, très évocateur et très bref. Dans les rengas, ils sont une succession d’images qui misent bout à bout constitue plusieurs mouvements de l’âme, alliant le quotidien au métaphysique, pour former une “histoire poétique”.

Voici un extrait :

Comme elle cherchait des bourgeons de fuki, sa lanterne s’est éteinte ! (Bashô)
Quand j’ai décidé de quitter le monde, les fleurs se sont fanées.
(Kyorai)
L’hiver est rude, dans un village de pêcheur à Noto
(Bonchô)

et encore :

Sans porte ni fenêtre, une maison couverte de nattes, à vendre. (Bashô)
Quand donc le piment a-t-il rougi ?
(Kyorai)
Modestement, il tresse des sandales de paille : la lune pointe
(Bonshô)

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Friday, December 30, 2005

Tokyo Decibels

de Hitonari Tsuji (traduit par Corrine Atlan)

Histoire très sympa, où la vie est dirigé par le sonore. Un mélange entre le monde morne d’un employé de mairie et son monde imaginaire basé sur son paysage sonore.

Un jeune homme travaille à la mairie au service du contrôle des nuisances sonores. Il circule dans Tokyo (une des villes les plus bruyantes que j’ai visité avec le Caire) et mesure les niveaux sonores. Amateur de musique heavy métal et de bruit, il met ses écouteurs entre chaque secteur de prise de mesure, engloutissant l’ambiance sonore de circulation automobile dans un étourdissnat vrombissement musical.

Sur la trame d’une histoire d’amour finissante, il développe le projet d’une carte sonore de la mégapole. Il la réalise avec son ami retrouvé, accordeur de piano qui ne s’accorde plus d’un ton avec sa femme pianiste.

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Friday, July 15, 2005

L’Ecole de la chair

de Yukio Mishima

Comme je projete de faire un voyage au Japon, je me plonge dans cet univers. Ce livre parle d’une femme d’âge mure qui cherche attacher à elle son jeune amant.

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